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Portrait Inspirant // Rencontre avec l'audacieuse Aurélie Jean, mathématicienne, scientifique et entrepreneure

Aurélie Jean nous inspire ! Scientifique, mathématicienne et entrepreneuse, elle s’est donné comme mission de démocratiser l’algorithmique, le code et les sciences ! Elle fonde en 2016 In Silico Veritas, une agence de conseil en analytique et numérique. Elle partage son temps entre ses projets entrepreneuriaux, l’enseignement, la recherche et l’écriture !

Passionnante, téméraire et engagée, elle était la marraine de la première promotion de l’école d’Intelligence Artificielle de Microsoft.

Un role model que l’on veut voir encore et encore pour que les filles sachent qu’elles peuvent tout faire et s’orienter vers n’importe quelle carrière ! y compris dans la tech, les sciences ou les mathématiques !

Être mathématicienne et informaticienne c’est quoi ? (D’ailleurs quel est le (ou les) nom(s) qu’il faut utiliser pour décrire votre métier ? / {Description activité}

Je suis numéricienne de formation. En pratique je développe des modèles mathématiques et des algorithmes que j’implémente dans des programmes informatiques pour simuler numériquement des phénomènes de la réalité, dans le but de faire des prédictions, de répondre à des questions et de comprendre des mécanismes. Pour ce faire, j’utilise les mathématiques appliquées, les sciences informatiques et les connaissances liées aux disciplines pour lesquelles je développe ces modèles.

Pourquoi avez-vous choisi cette activité ?

Après mon stage de maîtrise (1ère année de master) aux États-Unis à l’Université du Colorado à Boulder, j’ai compris que je voulais faire de la mécanique numérique des matériaux. C’est en cela que je me suis ensuite spécialisée en dernière année de master à l’ENS puis en thèse de doctorat aux Mines ParisTech dans cette discipline. L’idée est de développer ces modèles numériques à la mécanique des matériaux, pour comprendre comment les matériaux se déforment, se cassent voire se régénèrent. J’adore cette approche car cela me permet de comprendre par la simulation numérique ce qu’on ne peut pas comprendre dans le monde réel. Par exemple dans ma thèse j’ai pu par des simulations numériques aller observer avec précision la déformation élastique d’un élastomère à l’échelle nanoscopique, ce qui reste encore impossible avec les microscopes actuels.

Aviez-vous des modèles (féminins ou pas !) quand vous étiez enfant ?

J’ai eu de nombreux modèles masculins qui ont été mon meilleur soutien dans ma carrière. Je pense à Ryan Flannery et Arvind Seth à Bloomberg, à John Joannopoulos et Markus Buehler au MIT, ou encore à George Engelmayer à l’Université d’État de Pennsylvanie. J’ai eu quelques modèles féminins, comme ma professeure de Physique Lucille Julien à Sorbonne Université qui m’a donné envie de faire un doctorat. Je lui dois beaucoup ! Je pense également aux Professeurs Tara Swart et Simona Socrate au MIT qui m’ont énormément inspirée !

Quels étaient vos jeux et activités préférées quand vous étiez enfant ?

Étant enfant j’ai autant joué à la poupée, aux légos, qu’aux petites voitures. Je me déguisais autant en Zorro qu’en princesse, et mes grands-parents m’avaient acheté une mobylette et un tracteur à pédales ! J’ai été élevée par mes grands-parents sans a priori de genre et je les remercie ! Mon grand-père n’a cessé de me répéter que je ne devais penser ni à mon genre ni à ma classe sociale pour choisir ce que je voulais faire… je le remercie car grâce à lui je suis là où je suis aujourd'hui et je continue à avancer en me rappelant ses mots.

Avez-vous senti à un moment dans votre parcours que le fait d’être une fille/femme a été un frein ou était tout simplement perçu comme original/atypique ?

Et si oui qu’avez-vous pensé à ce moment-là, qu’est-ce qui vous a fait avancer ?

Étant plus jeune, pas vraiment car j’ai eu une éducation extrêmement ouverte et libre. Cela étant dit, j’ai vu les différences entre filles et garçons dans mes études supérieures où j’étais minoritaire et où forcément j’avais l’impression quelquefois de ne pas être à ma place. J’ai surtout réalisé que l’éducation que j’avais reçue était loin d'être l’éducation que mes amis avaient reçue. J’ai eu beaucoup de chance et je le réalise chaque jour. D’un point de vue professionnel, j’ai principalement travaillé aux US et j’avoue m'être toujours sentie respectée et protégée aux US, peut-être plus qu’en France où certaines remarques sexistes sont souvent enrobées d’un humour qui rendrait la remarque légitime pour beaucoup. Je suis assez intolérante, on peut rire de tout mais pas sur le lieu du travail.

À quoi ressemble une journée typique dans votre vie ?

Je n’ai pas de journée typique! j’articule ma journée selon les moments, entre le conseil, l’enseignement, la recherche et mes contributions éditoriales.

Qu’est-ce que vous aimez le plus et le moins dans votre activité ?

Ce que j’aime le plus est de découvrir de nouvelles choses, de travailler avec les gens que j’aime et de nous faire avancer dans l’amélioration et la compréhension du monde ! Ce que j’aime le moins, toutes les tâches administratives ! J’ai la chance d’avoir une assistance formidable Jenny Chamberlin qui est mon bras droit sur ces tâches que je fuis!

Quels conseils donneriez-vous aux enfants qui ont peur de l’échec ?

Pour ne pas avoir peur de l’échec il faut toujours identifier ce qu’on apprend de ses échecs. Ainsi on n’a jamais peur car on comprend que l’échec nous permet d’apprendre plus rapidement et d’avancer plus facilement en augmentant son niveau d’expérience ! À chaque fois que je n’ai pas réussi quelque chose j’ai toujours essayé de souligner ce que j’avais appris, ce qui m’a beaucoup aidé par la suite.

Comment gardez-vous votre force et votre positivité face à tous ces défis ? Avez-vous une habitude, un rituel ?

Je suis de culture américaine ça aide ! Mes grands-parents m’ont toujours appris à voir le verre à moitié plein. “Demain est un autre jour” me disait souvent mon grand-père. Aussi, j’ai beaucoup appris à relativiser sur ma situation, ce qui m’a aidée à prendre plus de risques dans ma vie et ma carrière. Comme tout le monde j’ai connu des moments difficiles, des moments de doutes et des fins de mois secs, mais je me suis toujours dit qu’il y avait pire ailleurs. Je suis une grande râleuse mais je propose toujours une solution après mon petit coup de gueule (rires…). Selon moi on a le droit râler mais on doit toujours finir sur une solution même la plus simple ou la moins réaliste car au moins on fait avancer le problème. je suis une grande optimiste et mes presque 10 ans passées aux USA renforcent cet état d’esprit chez moi.

À votre avis, que pourrait-on faire, ou créer pour que les filles puissent être inspirées et grandir en pensant qu’elles peuvent tout faire ?

Je crois beaucoup à l’idée de parler aux parents. Dans mon cas je réalise l’impact fort de mon foyer sur ma vision des choses et de ce que je pouvais faire. Mes amies qui n’ont pas eu cette chance ont souvent vu leurs champs des possibles se réduire dans leurs esprits. Il faut parler aux parents, leurs montrer à eux aussi des exemples de femmes scientifiques pour qu’ils puissent inspirer leurs propres enfants et les encourager !

Quels conseils avez-vous pour les filles qui ont besoin de faire face aux obstacles et qui croient tout simplement qu’elles ne peuvent pas ?

Qu’elles s’entourent de personnes bienveillantes (hommes ou femmes) qui les aideront à naviguer dans des situations difficiles, à réfléchir sur les décisions possibles, et a avancer plus facilement. Ces personnes leurs donneront du courage aussi ! Ces personnes peuvent être un membre de la famille ou un professeur par exemple. Plus tard ces personnes peuvent également être des amis.

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