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Et si on laissait la parole aux élèves de CP pour parler des stéréotypes filles-garçons ?

Je suis mère d'une petite fille de 4 ans et enseignante à Marseille dans un quartier populaire.

Depuis plusieurs années, avec mes différentes classes, j'ai pu aborder la question des stéréotypes liés aux genres permettant ainsi aux élèves d'échanger dans le cadre d'un débat.

L'année dernière, la discussion a été lancée après la lecture du livre « Ni poupées ni super-héros, mon premier manifeste antisexiste ». Cet ouvrage vient dynamiter les vieux clichés autour des couleurs de vêtements, métiers, caractère, jouets afin de les rendre disponibles à tous, filles comme garçons.

Mes élèves de CP (6 ans pour la plupart en début d'année) se sont emparés du sujet vivement.

Au préalable, nous avions réalisé un petit test d'observation vestimentaire et cela n'a pas raté : 100 % de garçons habillés en bleu/ gris/rouge/noir, et je dirais 80 % des filles en rose/blanc/paillettes.

Mais il y a eu aussitôt un soulèvement au niveau des filles:

« Moi je déteste le rose, maîtresse, c'est ma mère qui m'oblige! »

« Oui, moi je m'en fiche du rose, ma couleur préférée, c'est le multicolore! »

« Tout le temps, quand on m'achète des habits, c'est du brillant, brillant, brillant, moi je préfère le noir ».

Un vent de révolte s'était levé... Aucune n'est vraiment venue défendre le rose ou les paillettes, peut-être par timidité car il devait bien y en avoir.

En tout cas, tout en restant neutre de mon côté, ces petits bouts de 6 ans étaient plein d'arguments.

« Moi, je trouve qu'il y a pas de jouets de filles ou de garçons, mais des jouets d'enfants, j'aime bien jouer au ballon, la corde à sauter » dit une petite fille.

« Dès fois, je joue en secret avec la poupée de ma sœur » surenchérit un garçon.

« Tu n'as pas besoin de le faire en cachette, nous, ça nous dérange pas les filles. On pourrait même jouer ensemble ».

Concernant les tâches ménagères, la quasi-totalité des enfants trouvaient normal qu'elles soient partagées mais en leur demandant comment ça se passait à la maison, c'était concrètement les mamans qui s'attelaient au ménage, mais une proportion plus élevée qui s'occupaient de faire à manger.

Globalement, les filles avaient plus de choses à dire. Certainement, avaient-elles davantage de droits à revendiquer, et trouvant l'espace pour le faire, elles ne se sont pas gênées. Les garçons sont restés plus timides et dans leur propos, plus enclins à conserver les stéréotypes. « C'est bizarre une fille avec les cheveux courts ».

Débats à refaire en classe avec la future promotion...

Quant à ma fille, lorsque je lui demande sa couleur préférée: A deux ans, c'était le bleu et maintenant le doré/brillant. Quand je lui demande son personnage préféré, alors que sa chambre inonde de littérature de jeunesse, car oui, elle est fille d'instit, sa réponse évidemment….La Reine des Neiges.

NO COMMENT!

Amélie Désigaux est une mère d'une petite fille de 4 ans et enseignante à Marseille dans un quartier populaire depuis une dizaine d’années.

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